Explosion of racism in Italy – Migrants evacuated from southern Italian town (English & French)

Immigrant workers board a bus to be evacuated from Rosarno
There were reportedly cheers as the workers left

Italian authorities have evacuated hundreds of migrants from a southern town and brought in extra police after violent protests broke out.

Some 320 African migrants, many of whom work as fruit-pickers in Calabria, were taken by bus to an emergency centre.

Extra police were deployed after two days of riots, during which 37 people were injured and cars were set alight.

The violence broke out after two migrants were shot at with pellet guns by a group of local youths.

‘Difficult situation’

Italy’s Interior Minister Roberto Maroni prompted a storm of criticism from the leftist opposition by suggesting that the violence was the result of not addressing the issue of illegal workers in the country.

A migrant worker exits the silo where he lives
Many of the migrant workers live in desperate conditions

“There’s a difficult situation in Rosarno, like in other places, because for years illegal immigration – which feeds criminal activities – has been tolerated and nothing effective has ever been done about it,” he said according to Italy’s La Repubblica newspaper.

Opposition leader Pierluigi Bersani said: “Maroni is passing the buck … We have to go to the root of the problem: mafia, exploitation, xenophobia and racism.”

Some 320 African migrants – mainly from Ghana and Nigeria – were taken by bus from the southern town of Rosarno to a reception centre at Crotone, some 170km (105 miles) away.

Local residents applauded as the eight buses carrying the migrant workers left the town, AFP reports.

Police said reinforcements had been called in at intersections and squares in the town to keep order on Saturday.

Many of the migrants, most of whom work as fruit-pickers in the region’s citrus farms, live in difficult conditions – camped in abandoned factories and buildings with no running water or electricity, and paid as little as 20 euros ($30) per day.

Le calme revient à Rosarno qui se vide de ses immigrés

Lefigaro.fr avec AFP

Le dernier bilan des violences depuis jeudi est de 67 blessés
Le dernier bilan des violences depuis jeudi est de 67 blessés Crédits photo : AP
Environ 700 étrangers ont quitté samedi la ville italienne, où une «chasse à l’homme» contre les immigrés a fait 67 blessés cette semaine. L’immigré est un être humain à respecter», a lancé dimanche le pape.

Environ 700 étrangers ont déjà quitté samedi la ville de Rosarno après des violences, notamment une «chasse à l’homme» contre des immigrés, qui ont fait 67 blessés dans cette localité de Calabre (sud de l’Italie), tandis que 200 autres se préparent au départ.C’est ce qu’a expliqué le préfet de police Mario Morcone, tout en précisant que «la situation revient lentement à la normale».

Signes du retour au calme, les barricades érigées par la population ont été levées, l’occupation de la mairie par des habitants a pris fin et les magasins ont ouvert dans la matinée.

Rosarno a été le théâtre jeudi de violentes manifestations d’immigrés protestant contre des agressions dont certains d’entre eux avaient été la cible : elles avaient été marquées par des heurts avec la police, et suivies, le lendemain, d’exactions de la population à leur encontre.

Pour faire face à ces tensions, le chef de la police italienne Antonio Manganelli avait annoncé dès vendredi soir l’envoi d’un «important contingent de policiers» en renfort, plus de 200 selon la presse.

Manifestation à Rome

Le dernier bilan des violences à Rosarno et dans ses environs depuis jeudi est de 67 blessés, à savoir 31 étrangers, 19 policiers et 17 habitants italiens de cette petite ville de 15.000 âmes. La majorité n’ont subi que des contusions ou des blessures légères. Mais six immigrés sont encore hospitalisés, parmi lesquels deux grièvement blessés vendredi soir à coups de barres de fer.

Samedi après-midi une manifestation de soutien aux immigrés s’est déroulée à Rome, non loin du siège du ministère de l’Intérieur. Elle a donné lieu à des échauffourées entre policiers, dont un a été légèrement blessé par un jet de pierres. Au cours de cette manifestation, les immigrés présents ont demandé la démission du ministre de l’Intérieur Roberto Maroni.

La mafia montrée du doigt

Selon la presse, au moins 4.000 immigrés sont employés – en général illégalement – chaque année à Rosarno pendant deux mois pour cueillir clémentines et mandarines.

Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés et le principal syndicat italien, la Cgil, ont dénoncé leurs «conditions de vie inhumaines : cabanes insalubres, sans eau, sans hygiène» et des «salaires de misère» (25 euros par jour).

Le rôle de la mafia a également été montré du doigt. «La mafia qui contrôle le territoire, exploite les immigrés avec cynisme et une détermination impitoyable. Les cerveaux criminels savent que les immigrés clandestins ne peuvent même pas tenter de se rebeller car ils sont privés de documents d’identité et donc de la protection de l’Etat», a déclaré à La Stampa don Luigi Ciotti, un prêtre ayant fondé l’association antimafia Libera.

Le pape Benoît XVI a assuré dimanche au cours de la prière dominicale de l’Angélus que «l’immigré est un être humain à respecter».

La misère des ouvriers agricoles immigrés de Rosarno

ROSARNO (Italie) | Dans l’usine désaffectée, des matelas à même le sol entre piles de chaussures et vêtements sales. Quelques plaques électriques raccordées à des installations précaires. La majorité des immigrés de Rosarno, victimes ces derniers jours d’une chasse à l’homme, vivent là.

Vue de l’intérieur d’une usine désaffectée utilisés par des immigrants pour se loger le 9 janvier 2010 à Rosarno
© AFP | Vue de l’intérieur d’une usine désaffectée utilisés par des immigrants pour se loger le 9 janvier 2010 à Rosarno

AFP | 10.01.2010 | 13:08

L’usine est située en dehors de Rosarno, une petite ville de 15.000 habitants en Calabre (sud de l’Italie). Ceux qui ont trouvé refuge dans un des anciens bâtiments, entre tuyaux, machines et réservoirs sur lesquels ils étendent leur linge, ont de la chance. Ils disposent de huit toilettes chimiques et trois douches pour environ 1.000 personnes.

Les autres ont pris possession d’un entrepôt dans lequel ils ont installé des petites tentes pour tenter de se protéger du froid, les températures atteignant 0°C en hiver.

Les plus mal lotis à Rosarno s’entassent dans d’anciens silos, “jusqu’à 13 personnes, dans le noir et sans chauffage”, raconte Alessandra Tramontane de Médecins sans frontières (MSF) en Italie. D’autres encore sont dispersés dans de vieilles maisons de campagne dans les alentours.

A l’image des immigrés de Rosarno, ils sont des milliers, essentiellement africains, à travailler dans des conditions misérables, au rythme des saisons, comme ouvriers agricoles dans le sud de l’Italie.

“Nous dénonçons l’extrême précarité de ces travailleurs agricoles depuis plusieurs années”, souligne Mme Tramontane. MSF apporte depuis 2003 son soutien aux immigrés à Rosarno, en distribuant des produits sanitaires, des draps, des couvertures et du savon.

“Nous ne rencontrons que la brutalité”, affirme Francis, un Ghanéen de 25 ans. “La situation est mauvaise et elle se dégrade de plus en plus”, ajoute-t-il. Après les violents affrontements entre les habitants de Rosarno, les immigrés et la police ces derniers jours au cours desquels 67 personnes ont été blessées dont 31 immigrés, Francis a décidé de partir pour Naples.

Pourtant, rien ne l’y attend. Pas de travail, pas de logement en vue. “J’y serai toujours mieux qu’ici”, dit-il.

“Beaucoup d’entre eux sont atteints de problèmes respiratoires et ostéo-musculaires à cause de leurs conditions de vie insalubres et des nombreuses heures de travail”, souligne la représentante de MSF.

“Comme il fait froid, ils font du feu à l’intérieur. Des maladies sont transmises par l’eau et la nourriture et le contact permanent avec les désherbants chimiques entraîne des affections de la peau”, poursuit-elle.

Le rythme saisonnier de ces ouvriers agricoles qui passent d’une région à l’autre selon les besoins, sans domicile fixe ni contrats de travail, les épuise également.

Pourtant certains ont fait le choix de rester à Rosarno même s’ils craignent pour leur vie après les émeutes.

“Ils ont peur. A Rosarno, ils ne se sentent plus en sécurité mais ils sont nombreux à ne pas avoir reçu leur paie. Or, cet argent, ils en ont un besoin désespéré”, explique Laura Boldrini, porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés en Italie.

La crise économique qui n’a pas épargné la Calabre, une des régions les plus pauvres d’Italie, a davantage fragilisé ces travailleurs migrants. Du fait de la baisse des prix des agrumes, nombre de propriétaires ont décidé qu’il n’était plus rentable de les faire récolter, même pour 20 à 25 euros par journée de travail, le salaire standard d’un immigré africain.

Selon l’organisation humanitaire Caritas, les travailleurs immigrés en situation régulière en Italie sont environ deux millions et représentent quelque 10% du PIB

Italie : le racisme explose


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Des travailleurs immigrés face à la police pendant une manifestation à Rosarno en Calabre, le 8 Janvier (AFP)

Un calme précaire régnait samedi 9 janvier 2010 à Rosarno en Calabre du Sud. Les violences raciales depuis jeudi ont fait, selon un dernier bilan, 68 blessés. Vendredi, une véritable « chasse à l’homme » a été lancée contre les migrants par la population locale, au cours de laquelle plusieurs étrangers ont été blessés. Près de mille d’entre eux auraient déjà quitté les lieux, évacués vers des centres d’accueil à plus de 100 km de la ville, note Anne Le Nir, la correspondante de RFI en Italie.

“Nous sommes venus pour travailler et, maintenant, on nous tire dessus”, explique Francis, un Ghanéen de 25 ans, à Anne-Sophie Legge de l’AFP , peu avant de partir de son logement de fortune dans une usine désaffectée vers Naples, sans les 200 euros que son employeur lui doit. “Nous avons peur, il n’y a plus rien pour nous ici”, dit Ali, la trentaine, prêt à s’embarquer sur une navette avec quelques affaires dans une petite valise. Son employeur lui doit 500 euros. Son salaire: 20 à 25 euros par jour pour 12 à 14 heures de travail.

Au moins 4000 migrants sont employés, en général illégalement, chaque année à Rosarno pendant deux mois pour cueillir des fruits. Lire à ce sujet ce reportage de l’AFP : “La misère des ouvriers agricoles immigrés de Rosarno” publié par La Tribune de Genève .

Le climat de haine raciste ne cesse de s’amplifier en Italie. “La situation se dégrade. Tous les jours, un noir se fait tabasser. On ne peut pas continuer comme ça”, explique à Ann-Sophie Legge, Gian Antonio Stella, journaliste spécialisé dans les mouvements de droite et auteur du livre “Nègres, tapettes, youpins & co. L’éternelle guerre contre l’autre”, paru début décembre (“Negri, froci, giudei & Co. – L’eterna guerra contro l’altro”).
Parmi les derniers exemples relevés, la nuit de la Saint-Sylvestre: un Ethiopien tabassé à Florence, parce que son amie protestait contre des jets de pétards, et un Egyptien frappé aux cris de “pédé de merde”, selon l’organisation Arcigay. Ou encore ces annonces immobilières qui stipulent “Pas d’animaux, pas d’étrangers”.
Quelques jours plus tôt, c’était le “Noël blanc” organisé par un maire de la Ligue du Nord, parti anti-immigrés membre de la coalition de droite au pouvoir, qui défrayait la chronique. L’opération visait à recenser les étrangers de Coccaglio (3.000 habitants) et à dénoncer les clandestins en préfecture.
Des responsables de la Ligue du Nord ont également proposé de réserver des wagons de train ou des prestations sociales aux Italiens.balotelli.1263120736.jpeg

Régulièrement, le footballeur italien d’origine ghanéenne, Mario Balotelli, 20 ans, attaquant surdoué de l’Inter de Milan, se fait insulter et huer sur les stades italiens. Cris de singes et chants racistes accompagnent ses dribbles. Mais, toujours le joueur a voulu garder son sang-froid et ne pas répondre. Sauf mercredi dernier, en déplacement à Vérone. Excédé, Mario Balotelli avait insulté les supporters du Chievo Verone qui, eux, n’ont pas été punis. Car c’est Mario Batoletti qui a été sanctionné d’une amende de 7.000 euros par la fédération italienne de football ! (Metro )

“La Ligue est décidée à exploiter le sentiment d’insécurité vis-à-vis de l’immigration”, commente Sergio Romano, éditorialiste du quotidien Corriere della Sera. “Comme (le Premier ministre) Silvio Berlusconi a besoin du soutien de la Ligue, elle peut dire tout ce qu’elle veut”. Le chef de la Ligue, Umberto Bossi a qualifié les noirs de “Bingo Bongo” à plusieurs reprises”, relève M. Stella, en rappelant ce film de 1982 où Adriano Celentano incarne un homme-singe.

C’est à ce point que la direction du Ku Klux Klan imagine de créer une succursale en Italie, un pays qu’elle trouve “génial” en raison de son racisme… (Aglio e Cipolla ) Lire aussi La Repubblica .