Africa tackles the “human trafficking” (English, German & French)

L’Afrique s’attaque au « commerce des êtres humains »
Une lutte contre un phénomène de grande ampleur
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De sombres récits de femmes africaines et asiatiques transportées par les trafiquants d’êtres humains dans les pays riches pour y être réduites à l’état d’esclaves font trop souvent les grands titres des journaux du Nord. Mais on parle beaucoup moins d’un phénomène peu connu, la traite d’êtres humains en Afrique même. Joy Ezeilo, expert près de l’ONU, a révélé à Afrique Renouveau certains aspects des activités du milieu criminel qui se livre à ce trafic.
jeudi 10 décembre 2009 / par notre partenaire Afrique Renouveau

Lorsque Isoke Aikpitanyi, une Nigériane de 20 ans, s’est vu offrir en 2000 un emploi en Italie, elle a sauté sur l’occasion. La vie chez elle était pénible et les perspectives de travail pour les jeunes femmes rares. Elle savait qu’il lui faudrait entrer illégalement dans le pays et accomplir un travail mal rémunéré et subalterne, peut-être comme domestique ou bonne d’enfants. Mais cela valait mieux que le chômage au Nigéria. C’est après son arrivée en Italie que les choses ont mal tourné. On lui a fait savoir que “les étrangers démunis d’un titre de séjour n’avaient d’autre choix que de faire le trottoir. On m’a dit que je devais rembourser 20 000 dollars. J’ai été une esclave sexuelle. On m’a trompée en me faisant venir en Italie pour un emploi qui n’existait pas.”

Ce type de commerce illégal des êtres humains reposant sur la fraude et la violence et connu comme “traite des êtres humains” rapporte aujourd’hui des milliards de dollars à des trafiquants du monde entier.

Le Rapporteur spécial sur la traite des êtres humains du Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, Joy Ezeilo, affirme que la grande majorité des Africains et des Africaines victimes de ce trafic ne quittent jamais le continent, “les victimes de la traite en Afrique sont forcées d’accomplir des tâches ménagères et de travailler dans les champs et dans la construction, tout en servant comme objets sexuels. On s’est surtout soucié de la traite à des fins d’exploitation sexuelle à l’extérieur de l’Afrique, alors que ces autres formes d’exploitation existent à l’intérieur des frontières du continent, sur une très grande échelle”, a-t-elle expliqué à Afrique Renouveau.

Complexité des facteurs
Un rapport récent de l’Office de l’ONU contre la drogue et le crime (ONUDC) confirme qu’il s’agit d’un phénomène de grande ampleur alimenté par la situation économique, les demandes saisonnières de main d’œuvre, les conflits militaires et la dégradation de l’environnement qui bouleversent les conditions de vie, ainsi que par les pratiques culturelles et la discrimination à l’égard des femmes ou d’ethnies.

Les autorités du Mali ont signalé qu’en 2006 il y a eu 119 cas connus d’enfants (81 garçons et 38 filles) victimes de la traite. Près des deux tiers avaient été envoyés à l’intérieur du pays. La plupart de ceux acheminés hors du Mali ont été retrouvés dans les pays limitrophes.

Dans le sud-ouest du Nigéria, un millier d’enfants du Bénin voisin ont été découverts alors qu’ils servaient comme main d’œuvre forcée dans les carrières, les victimes, certaines à peine âgées de six ans, étaient forcées de travailler huit à dix heures par jour, parfois sept jours par semaine, sans rémunération et sans une alimentation ou un hébergement décents.

Exploiter la pauvreté, la tradition

Joy Ezeilo souligne que l’ampleur et la diversité de la traite des êtres humains en Afrique, conjuguées à la perméabilité des frontières du continent et à la carence des organismes chargés de faire appliquer les lois, rendent ce phénomène pratiquement impossible à arrêter. “Les gouvernements ont du mal à savoir comment aborder ce problème et où porter leur attention.”

Pour asservir les gens, les trafiquants profitent également de la tradition de l’apprentissage et d’autres pratiques culturelles dont celle courante de placer des jeunes filles pauvres comme personnel de maison dans des familles plus aisées moyennant l’hébergement et la scolarisation. Bon nombre d’entre elles ne mettent jamais les pieds dans une école. “La plupart des familles n’ont pas la moindre idée de la manière dont on traite leurs enfants”, souligne Joy Ezeilo.

Persécution des vulnérables

Elle souligne par ailleurs certaines similitudes partagées par les victimes, “elles se retrouvent toutes dans des situations vulnérables. Chez les femmes, les inégalités entre les sexes contribuent à les placer dans ces situations. Certaines, sans instruction et sans un métier, n’ont d’autres choix que de rejoindre les rangs des victimes. D’autres fuient des mariages forcés et des maris violents.”

Lutter contre la traite des êtres humains

Mais les trafiquants commencent à faire face à une opposition mieux organisée. Au Burkina Faso, le Parlement a adopté en 2003 une loi qui pénalise la traite de toute personne de moins de 18 ans et a créé une section spéciale des forces de l’ordre chargée d’en assurer l’application. Les condamnations pour traite ont plus que doublé entre 2004 et 2006, bien que leur nombre total reste faible. Une loi pénalisant la traite des adultes est à l’examen.

Mme Ezeilo se félicite de l’action du Ghana et du Nigéria dans ce domaine. Ces pays ont passé des lois contre la traite des êtres humains et établi des sections spéciales de lutte contre ce fléau, tout en procédant à l’examen des cas d’infraction et en poursuivant énergiquement ses auteurs devant les tribunaux. Au Nigéria, le nombre des condamnations est passé de huit en 2007 à 24 l’année suivante. Le Nigéria offre des soins médicaux et psychologiques aux victimes et leur accorde des visas temporaires, des permis de travail et une aide financière. Pour sa part, l’Union africaine a marqué la Journée 2009 de l’enfant africain, célébrée le 16 juin, par le lancement d’une campagne panafricaine.

“Cela démontre l’importance de la volonté politique, affirme Mme Ezeilo, la volonté des gouvernements de faire cesser ce type d’activité peut s’avérer payante.”

L’auteur de l’article, Michael Fleshman, écrit pour Afrique Renouveau

Africa tackles the “human trafficking”
A fight against a widespread phenomenon
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Gloomy tales of African and Asian women transported by traffickers in the rich countries to be reduced to the status of slaves are too often the headlines in the North. But there is much less a little-known trafficking in human beings in Africa itself. Joy Ezeilo, expert near the UN, told Africa Renewal certain aspects of the criminal underworld who engaged in this traffic.
Thursday, December 10, 2009 / By our partner Africa Renewal

When Isoka Aikpitanyi, a Nigerian than 20 years, was offered a job in 2000 in Italy, she jumped at the chance. Life at home was difficult and work opportunities for young women rare. She knew he would enter the country illegally and do a job poorly paid and lower, perhaps as a maid or nanny. But it was better than unemployment in Nigeria. It was after his arrival in Italy that things have gone wrong. He said that “foreigners without a residence permit had no choice but to make the sidewalk. I was told I had to pay 20 000 dollars. I was a sex slave. I was wrong in bringing me to Italy for a job that did not exist. ”

This type of illegal trade in human beings based on fraud and violence known as “trafficking” reported today billions of dollars to drug traffickers around the world.

The Special Rapporteur on trafficking in human beings of the High Commissioner for Human Rights UN, Joy Ezeilo said that the vast majority of Africans and African victims of trafficking never leave the continent, “victims trafficking in Africa are forced to perform chores and work in the fields and in construction, while also serving as sexual objects. It has mainly been concerned with the trafficking for sexual exploitation outside Africa, whereas these other forms of exploitation exist within the borders of the continent on a massive scale, ” “she told Africa Renewal.

Complexity factors

A recent report by the UN Office against Drugs and Crime (UNODC) confirmed that this is a widespread phenomenon fueled by the economic situation, the seasonal demands for labor, the military conflicts and environmental degradation that disrupt the lives and by cultural practices and discrimination against women or ethnic groups.

The authorities in Mali have reported that in 2006 there were 119 known cases of children (81 boys and 38 girls) trafficked. Almost two thirds had been sent to the country. Most of those sent out of Mali have been found in neighboring countries.

In the south-west Nigeria, a thousand children from Benin were found nearby while serving as forced labor in the quarries, the victims, some as young as six, were forced to work eight to ten hours a day, sometimes seven days a week without pay and without food or decent housing.

Exploiting poverty, tradition

Joy Ezeilo stressed that the magnitude and diversity of human trafficking in Africa, combined with porous borders of the continent and the failure of agencies to enforce laws, make this phenomenon virtually unstoppable. “Governments have difficulty in knowing how to approach this problem and where to focus their attention.”

To enslave people, traffickers also take advantage of the tradition of learning and other cultural practices including the current placement of young poor girls as domestic helpers in wealthier families through housing and schooling. Many of them never set foot in a school. “Most families do not have the slightest idea of how it treats its children,” says Joy Ezeilo.

Persecution of vulnerable

It also emphasizes some similarities shared by the victims, “they are all found in vulnerable situations. Among women, gender inequalities contribute to placing them in these situations. Some, uneducated and without a job, have no choice but to join the ranks of victims. Others are fleeing forced marriages and abusive husbands. ”

Fight against trafficking in human beings

But the traffickers are beginning to face a better organized opposition. In Burkina Faso, the Parliament adopted in 2003 a law that criminalizes trafficking in persons under 18 years and has created a special section of the security forces responsible for its implementation. Convictions for trafficking more than doubled between 2004 and 2006, although their total number remains low. A law criminalizing trafficking in adults is under consideration.

Mrs. Ezeilo welcomes the action of Ghana and Nigeria in this area. These countries have passed laws against trafficking in human beings and established special units to fight against this scourge, while conducting the review of infringement cases and vigorously prosecuting the perpetrators before the courts. In Nigeria, the number of convictions has increased from eight in 2007 to 24 the following year. Nigeria offers medical and psychological care to victims and grant them temporary visas, work permits and funding. For its part, the African Union in 2009 marked the Day of African Child, celebrated June 16 by the launch of a pan-African campaign.

“This demonstrates the importance of political will, says Ms. Ezeilo, the willingness of governments to stop this type of activity can pay.”

The article’s author, Michael Fleshman, written for Africa Renewal.

Afrika befasst sich mit der “Menschenhandel”
Ein Kampf gegen ein weit verbreitetes Phänomen
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Düstere Geschichten von afrikanischen und asiatischen Frauen, die von Menschenhändlern in die reichen Länder befördert werden, um den Status von Sklaven reduziert werden allzu oft die Schlagzeilen in den Norden. Aber es gibt noch viel weniger eine wenig bekannte Menschenhandel in Afrika selbst. Joy Ezeilo, Experte bei der UNO, sagte Afrika Erneuerung bestimmte Aspekte der kriminellen Unterwelt, die in diesem Verkehr.
Donnerstag, Dezember 10, 2009 / Von unserem Partner Afrika Erneuerung

Wenn Isoka Aikpitanyi, ein nigerianischer als 20 Jahren angeboten wurde, einen Job im Jahr 2000 in Italien, sprang sie auf die Chance. Leben zu Hause war schwierig und Arbeitsmöglichkeiten für junge Frauen selten. Sie wußte, er würde das Land illegal betreten und einen Job schlecht bezahlt und niedriger, vielleicht als Dienstmädchen oder Kindermädchen zu tun. Aber es war besser als die Arbeitslosigkeit in Nigeria. Es war nach seiner Ankunft in Italien, dass Dinge falsch gelaufen sind. Er sagte, dass “Ausländer ohne Aufenthaltserlaubnis keine andere Wahl als auf den Bürgersteig zu machen hatte. Mir wurde gesagt, ich hatte bis 20 000 Dollar bezahlen. Ich war eine Sklavin. Ich war, dass sie mich nach Italien für eine Arbeit, die nicht vorhanden war falsch. ”

Diese Art des illegalen Handels mit Menschen auf der Grundlage von Betrug und Gewalt als “Menschenhandel” bekannt berichtete heute Milliarden von Dollar, um den Drogenhändlern auf der ganzen Welt.

Der Sonderberichterstatter über Menschenhandel des Hohen Kommissars für Menschenrechte der Vereinten Nationen, sagte Joy Ezeilo, dass die überwiegende Mehrheit der Afrikaner und afrikanische Opfer von Menschenhandel nie verlassen den Kontinent, “Opfer Menschenhandel in Afrika sind gezwungen, Aufgaben auszuführen und die Arbeit auf den Feldern und im Baugewerbe, aber auch die als sexuelle Objekte. Es hat vor allem mit dem Menschenhandel zum Zwecke der sexuellen Ausbeutung außerhalb Afrikas betroffen sind, während die anderen Formen der Ausbeutung gibt es innerhalb der Grenzen des Kontinents in großem Maßstab ” “, erzählte sie Afrika Erneuerung.

Complexity Faktoren

Ein kürzlich veröffentlichter Bericht des UN-Büros für Drogen-und Verbrechensbekämpfung (UNODC) bestätigt, dass es sich hierbei um ein weit verbreitetes Phänomen ist durch die wirtschaftliche Situation angeheizt wird, der saisonalen Nachfrage nach Arbeitskräften, die militärische Konflikte und Umweltzerstörung, die stören das Leben und die durch kulturelle Praktiken und Diskriminierung von Frauen oder ethnischen Gruppen.

Die Behörden in Mali haben berichtet, dass im Jahr 2006 waren es 119 Fälle bekannt, der Kinder (81 Jungen und 38 Mädchen) gehandelt. Fast zwei Drittel waren an das Land. Die meisten dieser geschickt aus Mali wurden in den benachbarten Ländern.

Im Südwesten Nigerias, tausend Kinder aus Benin in der Nähe gefunden wurden während seiner Zeit als Zwangsarbeiter in den Steinbrüchen, die Opfer manche erst sechs, acht zur Arbeit gezwungen bis zehn Stunden am Tag, manchmal sieben Tage die Woche ohne Bezahlung und ohne Nahrung oder eine menschenwürdige Wohnung.

Die Ausschöpfung der Armut, Tradition

Joy Ezeilo betonte, dass das Ausmaß und die Vielfalt des Menschenhandels in Afrika, mit durchlässigen Grenzen des Kontinents und das Versagen der Behörden, die Gesetze durchzusetzen kombiniert zu machen, dieses Phänomen praktisch nicht mehr aufzuhalten. “Die Regierungen haben Schwierigkeiten, zu wissen, wie diesem Problem zu nähern und wo sie ihre Schwerpunkte setzen wird.”

Um die Menschen zu versklaven, Menschenhändler nutzen auch der Tradition des Lernens und andere kulturelle Gepflogenheiten, einschließlich der aktuellen Aufnahme von jungen armen Mädchen als Haushaltshilfen in wohlhabenderen Familien durch Wohnungsbau-und Schulwesen. Viele von ihnen nie einen Fuß in die Schule. “Die meisten Familien haben nicht die geringste Ahnung davon, wie sie ihre Kinder behandelt”, sagt Joy Ezeilo.

Verfolgung von gefährdeten

Er betont auch einige Ähnlichkeiten mit den Opfern gemeinsam, “sie sind alle in schwierigen Situationen zu finden. Bei den Frauen tragen Ungleichheiten zwischen den Geschlechtern zu platzieren sie in diesen Situationen. Einige, ungebildet und ohne Arbeit, haben keine andere Wahl, als den Reihen der Opfer teilzunehmen. Andere fliehen vor Zwangsehen und missbräuchliche Ehemänner. ”

Kampf gegen Menschenhandel

Aber die Händler beginnen zu einer besser organisierten Widerstand stoßen. In Burkina Faso, verabschiedete das Parlament im Jahr 2003 ein Gesetz, das Menschenhandel unter Strafe unter 18 Jahren und hat einen besonderen Abschnitt der Sicherheitskräfte verantwortlich für deren Umsetzung geschaffen. Verurteilungen wegen Handel mit mehr als verdoppelte sich zwischen 2004 und 2006, obwohl ihre Zahl gering bleibt. Ein Gesetz zur Kriminalisierung des Menschenhandels bei Erwachsenen geprüft wird.

Frau Ezeilo begrüßt die Maßnahmen von Ghana und Nigeria in diesem Bereich. Diese Länder haben Gesetze gegen Menschenhandel verabschiedet und etablierte Spezialeinheiten zur Bekämpfung dieser Geißel, während die Durchführung der Überprüfung von Vertragsverletzungsverfahren und kräftig Verfolgung der Täter vor Gericht. In Nigeria hat die Zahl der Verurteilungen von acht zwischen 2007 und 24 im folgenden Jahr erhöht. Nigeria bietet medizinische und psychologische Betreuung von Opfern und ihnen einen befristeten Visa, Arbeitserlaubnis und Finanzierung. Für seinen Teil, markiert der Afrikanischen Union im Jahr 2009 der Tag des afrikanischen Kindes, feierte 16. Juni durch die Einführung eines pan-afrikanische Kampagne.

“Das zeigt die Bedeutung des politischen Willens, sagt Frau Ezeilo, die Bereitschaft der Regierungen, diese Art der Tätigkeit ist zu zahlen stoppen.”

Der Verfasser des Artikels, Michael Fleshman, geschrieben für Afrika Erneuerung.